"Scintillant dans la nuit"

Une larme de brume
Scintillant dans la nuit
Tel un amour qui fume
Dans les cendres de l'ennui...

une larme d'étoile,
brille dans le noir,
pour guider nos pas
et les rendre plus droit...

Une larme de lune
Qui vous berce de sa voix
dénuée d'infortune
Sous des rides de joie...

Telle une soie sans vers
En couleurs éphémères
Pour des chants tristes amers
Sur un phare sans lumière

C'est la nuit, et ses encres profondes
Qui maudissent et le coeur et l'immonde
En vagissant déjà le cri du cri du monde
Quand la foule déjantée ici hurle ses rondes.

Mais la lune s'arrondit
Comme le ventre d'une femme
Elle se fait belle et fuit
L'aube est l'enfant de la dame...

 

Une larme de rosée
S'éveille dans le matin
Encore pâle, embué
De rêves et de lutins

 

Mais ce n'est que ta terre qui se fait sel et fruit
Eparpillant si tôt dans ses mâtines bleutées
Des souvenirs d'étoiles éblouis, fugaces
Comme un songe inachevé qui déjà passe.

 

Mais ce n'est qu'une mère qui se fait belle et luit
Sous les ciels irisés d'un apostrophe "était"
Lorsque dansent les lignes, vont puis trépassent
Sous ta rime qui se joue de ce sourire de glace.

 

Un rayon de soleil
Caresse et puis passe
sur la rime qui sommeille
sous les mots qui jacassent...

 

Et transporte l'oiseau, livre de liberté,
Vers le prisme coulant de ces plus beaux sonnets
Puis glisse dans ces heures d'ombre où la nuit se tait
Quand le monde se tourne comme une page commencée.

 

Comme, comme aux reflets des ruisseaux de la vie
L’on devine un soleil, un regard, une étoile
A l’orée d’une voix dont on saurait l’envie
Bien qu’ici, çà et là, quelque chose la voile,

 

Juste une larme brune scintillant dans la nuit...

 
"A plusieurs..."


(Février 2005 par
Angel, Regards, Céline, Nicky, Alain Girard et Lanédo)