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Louison

 

"Il était une fois une jeune fille, âgée de douze ans, âge ingrat. Elle venait de se disputer avec sa mère et son père au sujet du bois à rentrer. Cette famille vivait en effet dans une grande forêt, à des kilomètres et des kilomètres du reste du monde et son activité principal était de fournir le bois nécessaire au reste du monde. Les arbres étaient donc abattus par le père, coupés en planches ou rondins par la mère et la jeune fille était chargée de le rentrer dans l’énorme camion que le père menait par la suite, à des kilomètres et des kilomètres de là vers l’orée du bois.
Ce matin là, la jeune fille s’est plaint à son père : « - pourquoi le reste du monde ne viendrait pas prendre son bois lui-même ? J’en ai marre, j’arrête. Débrouillez vous sans moi, je pars.
- Et où penses tu aller ? Tu ne connais rien de ce bois à part cette clairière, et le reste du monde se trouve à des kilomètres et des kilomètres d’ici et puis il n’attend pas alors tu restes là et tu rentres le bois, un point c’est tout !
- Non, je pars, je vais dire au reste du monde qu’il n’a qu’à venir chercher son bois s’il le veut.
- Et bien vas, tu ne connais pas le chemin et je te vois déjà revenir dans peu de temps.
- Le chemin…j’irais tout droit tout simplement.

Alors intervient la mère :
- Penses tu ma fille ! La forêt est pleine de danger, seul ton père connaît le chemin qui permet d’arriver sain et sauf à des kilomètres
- Et des kilomètres de là, oui je sais. Et bien, je préfère périr et avoir vu plus loin que cette clairière que de rester là à m’exténuer à un travail absurde jusqu’à c’que j’en crève.

La dessus, la fille rentra dans la chaumière, se fît deux sandwichs, un au thon, un au jambon, pris deux barres de céréales énergétiques, une bouteille de rouge choisit avec précaution dans la cave de son père (au cas où elle aurait un coup de blues), une robe de sa mère qu’elle raccourcie et ajusta à sa taille (on sait jamais, j’ai dans l’idée de faire intervenir un beau prince charmant, faut qu’elle soit présentable), plus deux trois bricoles, boucla son sac et partie.

La forêt est bien dégagée autour de la clairière, le père ayant abattu un arbre sur deux dans les environs. La jeune fille s’avance donc dans la forêt sans aucune crainte, le pas vif, tranquille, heureuse, y’a vraiment pas de quoi en faire une histoire. La jeune fille est plutôt mignonne, des yeux d’un gris très gris qui n’ont rien d’ordinaire, des cheveux noirs s’arrêtant à la hauteur de menton, une mèche tombant souvent devant ses yeux gris, des traits fins, un petit nez en trompette, une bouche bien rouge, une silhouette qui lui promet un corps splendide lorsqu’elle atteindra ses 17-18 ans.

La voilà donc qui s’avance fièrement au fin fond de la forêt, son walk-man sur les oreilles et faisant des bulles avec son chewing-gum. Elle rencontre alors le lapin.
- Salut toi ! Tu saurais pas où se trouve le reste du monde parce que là, j’suis plutôt paumé grave, c’est vraiment la galère.
- Ben t’es pas déjà arrivée, t’en a pour une bonne semaine, je serais toi, j’irais par là, à gauche, y’a un château où le prince charmant habite, j’crois qu’il fait une fête ce soir, c’est tout public, alcool à volonté, d’la bonne musique, t’as qu’à y passer la nuit, on pourra sûrement t’indiquer la meilleure route à prendre…
- Ouai, cool, merci du conseil, à plus.
- Bye.

La jeune va-t-elle rencontrer le prince charmant ? Va t-elle se prendre une cuite mortelle et se faire ramener par la peau du cul par son père ? Le reste du monde est-il vraiment aussi loin que ça, à des kilomètres et des kilomètres de là ? Jenny va-t-elle épouser Vincenzo et Patrick va-t-il déclarer son amour pour Robert ? ? ? ? ? ?" A suivre...

 

Une suite qui vaut ce qu’elle vaut…

 

…Et pour s’y rendre la jeune Louison, piqua un scooter qu’un chevalier desservant avait laissé sans surveillance pour aller soulager un besoin naturel derrière un bosquet. Ce qui fait que dix-sept minutes et quarante-trois secondes plus tard elle se retrouvait devant le pont-levis du château.

Deux gardes étaient occupés à accrocher au dit pont-levis une giga banderole sur laquelle la belle Louison pouvait lire « Bal d’hasard ».

_ Oyez, oyez, braves gens cria-t-elle aux deux gens d’armes.

_ Bien le bonjour gamine, qu’est ce qui t’amène donc en ce lieu ?

_ Je suis à la recherche du reste du monde et on m’a dit qu’il y a une fête ce soir au château où l’on pourrait me rencarder.

_ Ah ben toi on peut dire que tu tombes bien fillette, il parait qu’on attend à peu près tout le monde pour ce soir, comme cela t’aura même pas à te déplacer.

A gauche du château, il y avait un petit hôtel, aussi histoire de se faire la plus belle pour aller danser, la petite Louison passa à l’hôtel, normal vu que c’était un hôtel de passe. Elle en profita pour prendre un bain et mettre sa plus belle robe, ce qui vu son jeune âge et son manque d’expérience à se préparer pour aller à un  bal ne lui pris que deux heures vingt-huit minutes et quarante-cinq secondes (je sais que les dames apprécieront la performance).

Si bien que le bal n’était commencé que depuis une petite heure quand elle y fit une irruption aussi remarquée qu’une crotte de mouche sur la face cachée d’une bûche calcinée.

Ah ça pour y en avoir du monde, y en avait du monde, Louison eu un mal fou à accéder au buffet de gourmandises, enfin elle réussit quand même à s’emparer de l’un des derniers cornichons qui restaient. Par conte elle s’apprêtait à finir son sixième punch quand tout à coup la musique s’arrêta, le prince, à priori charmant, genre 1m90 pour 85 kilos de muscles, les yeux bleus, l’allure haute et la tête bien pleine se présentait devant l’assistance. Louison cru défaillir, les yeux de Mel Gibson, deux doigts de Tom Cruise et un zeste de Brad Pitt avec un arrière goût de Sean Connery sur le retour. Bon j’arrête la description sinon toutes les personnes du beau sexe qui me font le plaisir de lire cette histoire risquent de s’évanouir et de manquer la fin.

Toujours est-il que le prince Albert, eh oui, je n’y peux rien, c’est son nom, non mais qu’est ce que vous croyez, personne n’est parfait. Le prince Albert disais-je donc nous la joue grand seigneur et annonce à l’assistance publique ici réunie qu’il a fait un songe dans lequel il était supposé trouver une chaussure en verre à l’issue du bal et que cette chaussure appartiendrait à l’amour de sa vie. Mais comme il n’était pas du genre patient, il a décidé de confectionner lui-même un brodequin en bois dans l’après-midi. A moins que ce ne soit un escarpin, enfin une basket pour filles quoi, vous voyez ce que je veux dire.

Il demanda donc à toutes jeunes filles de plus de douze ans de se déchausser le pied gauche et je vous le donne en mille ce qui devait arriver arrivera, elles furent trois à pouvoir enfiler la dite chaussure, mais je vous rassure dans les trois nous retrouvons la petite Louison, si si je vous l’assure, mais p’isque j’vous le dit, vous pouvez me croire, faut dire que sinon l’histoire elle s’arrête là, hein. Bon où en étais-je déjà…

…ah oui, Louison faisait partie des trois dernières, le prince était plutôt embêté (pour ne pas employer un autre mot), mais notre charmante gamine en bonne fille de bûcheron résolu rapidement l’affaire deux gnons bien placés suivi de trois prises de judos qu’elle avait retenues de la dernières diffusion des jeux olympique sur France 2. Et les deux autres prétendantes se retrouvèrent rétamées sur le tapis et déclarèrent forfait pour la suite de l’aventure. Faut dire qu’elles se prénommaient Loana et Jennifer et que ce n’est pas avec des prénoms aussi tartes qu’elles risquent de gagner une finale un jour.

La petite Louison épousa donc le bel homme sur le champ et accompagna le jeune prince jusqu’à la chambre de tous les plaisirs, mais à peine étaient-ils dans la chambre que le prince remarqua que les domestiques avaient oublié de faire du feu dans la cheminée, il faisait froid, tout le monde était couché, il demanda alors à Louison d’aller chercher du bois.

_ Ça va pas non, dit la jeune fille, je me barre de chez moi parce que je ne veux pas passer ma vie à aller chercher du bois et à peine mariée, mon époux me demande d’en faire autant.

La jeune Louison ne se démonta pas, elle pris son téléphone portable dont je ne citerai pas la marque pour ne pas faire de pub, je dirais simplement qu’un fruit porte le même nom (ça c’est pour me faire bien voir du modérateur Wanadoo). Et elle appela directement son père.

_ Allo

_ Allo papa

_ Louison, c’est toi comment ça va, dis tu rentres quand ?

_  Jamais, je suis marié à un prince et je vis dans un château, alors tu comprends.

_ Eh ben, tous cela en une après-midi, tu chômes pas dis donc.

_ Oui, bon, trêve de bavardages, on a petit problème de bois pour la cheminée, toi qui livre tous tes clients, tu balances dix bûches dans la camionnette et tu livres dans moins d’une heure au château du prince Albert.

_ Ah mais tu n’es pas au courrant ?

_ Au courrant de quoi ?

_ J’ai décidé de suivre les conseils de ma fille, je ne livre plus depuis aujourd’hui, salut, à la prochaine.

Et notre pauvre Louison est descendue en pleine nuit chercher du bois pour faire du feu. Une fois remontée elle retrouva le prince endormi et pas du tout remonté, lui, si vous voyez c’que j’veux dire.

 

Moralité : Si les parents se mettent à écouter leurs enfants, mon dieu, mais où va le monde.

 

Lanédo

(NB : La partie en italique n'est pas de moi, je n'ai inventé que la suite de l'histoire)