« Bonjour Grand-père »



Il est des nuits sans marchand de sable
Où les yeux pleurent inconsolables
Alors, il ne te reste plus qu’à écrire
Pour parler de ce que personne n’ose dire

Il ne reste, dans l'ombre secrète
qui se prélasse dans le vide,
que les mots vieillis d'un Poète
dont la nuit creuse encor les rides.

Les mots tâchés d'encre violette
qu'étalent des larmes au goût salé
volètent, violent et se projettent
à l'orée des chemins frôlés...

C'était l'ancre de minuit
Pour le bateau de l'horloge
Mais le buvard cramoisi
Avala toutes ces éloges

Le vieil homme lourdement assis
Usé par les tics du cadran
Mêla ses larmes d'infinie
Aux gouttes d'encre du temps absent...

Mais quand l'aube, repue de tant d'étoiles
Étala au monde son miroir
Et déchira de la nuit son voile,
Un enfant tira l'huis de l'histoire...

Bonjour Grand-père !



"A plusieurs..."


(Le 29/04/2004 par Regards, Alain Girard, Nicky et Lanédo)