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« Chaque Rose à son épine » 

Une Aventure de Marc Tramant

  

A tout bien réfléchir, je ne sais plus vraiment quel jour cette histoire avait commencée. Ce devait être un mardi je crois, à moins que ce ne fusse un mercredi. Non ! Pas un mercredi, suis-je bête ? Cela ne pouvait pas être un mercredi ! Tout, mais pas un mercredi. Un jeudi alors ? Oh ! Et puis après tout, qu’importe le jour en fait, ce qui compte, c’est qu’elle ait bel et bien commencée.

 

Ce matin là, j’avais pris mon temps pour me promener dans les rues de la capitale. Paris est une ville magnifique pour celui qui ose la fréquenter, pour celui qui ose l’aimer, lentement, tendrement, avec douceur et volupté. J’adorais courtiser Paris en me promenant au petit matin dans ses petites rues encore désertes qui vacillent entre les dernières lueurs des réverbères et les premières caresses de l’aube.

 

Je finissais toujours par échouer vers les huit heures au comptoir d’un estaminet de quartier, devant un petit noir, une cigarette dans la main droite. A l’autre bout du zinc, le patron, le torchon à la main, essuyait ses tasses d’un coup sec et précis, fait et refait des milliers de fois. J’étais seul, bizarrement seul. Je regardais les coupes bien disposés sur les étagères face à moi, et derrière celles-ci, la glace, plaquée au mur, me renvoyait tant bien que mal de derrière les verres mon visage lourd et fatigué. Etais-je vraiment moi-même ? Mais au fait , je m’aperçois que je ne me suis même pas présenté :

 

Je m’appelle Marc Tramant et je suis chroniqueur au célèbre quotidien « Les Nouvelles de Paris ». Et oui ! Vous l’aurez compris, la célèbre et néanmoins énigmatique signature M.T., c’est moi. Hormis l’horoscope journalier, je m’occupe tout spécialement de la rubrique occulte et surnaturel qui a pour vocation de relater tous les évènements sombres et inexpliqués de la ville lumière. Depuis mon plus jeune âge, je ne saurais vous dire pourquoi, tous les trucs bizarres et inexpliqués de notre planète avaient décidé de me rencontrer. Je sais, c’est difficile à croire. Pourtant, ce jour-là, commença l’une des plus incroyables histoires qu’il m’ait été donné la chance de vivre.

 

Alors que j’écrasais toujours machinalement ma cigarette d’un glissement de pied au bord du bar, ma main droite fut anormalement attirée par le cendrier disposé près de moi sur le comptoir. Surpris par ce geste aussi inhabituel qu’incontrôlé, mon regard se posa alors sur cet objet que je n’avais guère remarqué jusque là. Et pourtant, je devais bien admettre qu’il avait toujours été posé tout près de moi. C’est alors que je découvris, abandonné dans le cendrier, un collier de type ras du cou. Vous savez, le genre de petit collier fait d’une cordelette noire très fine et très courte et qui retient un pendentif.

 

Je le pris délicatement et le fis glisser entre mes doigt. L’objet ciselé représentait une rose sculptée à la perfection. De l’autre main, je fis un signe au tenancier.

 

 

 

-« Léo ! Une de tes clientes t’a laissé un cadeau ! » Lui lançai-je.

-« Jamais vu ! » Me répondit Léo en s’avançant vers moi.

-« Ce collier n’est quand même pas venu ici tout seul ! » Rajoutai-je aussi sec.

-« Tout ce que je sais c’est qu’il n’était pas là hier soir quand j’ai fermé le bar ! J’ai vidé les cendriers moi-même ! » Me dit-il.

-« Ce matin alors ? » Répliquai-je, intrigué.

-« Ce matin ? Sacré farceur, si c’est ce matin alors… ça ne peut être que toi ! Tu es mon premier et unique client. » Ajouta-t-il en riant.

-« En tout cas je te le laisse ! » Répondis-je.

-« Que neni Marc ! Si tous mes clients commencent à me laisser leurs affaires ce n’est plus un bar que j’aurai mais un hangar ! C’est sûr !»

 

La seule chose qui était sûre c’est que je n’étais pas venu avec ce pendentif. Mais comme je suis d’un naturel curieux et du genre plutôt ouvert à tout ce qui ne tient pas du naturel je l’ai glissé dans la poche de ma veste. Je réglai mon café à Léo et pris tranquillement la direction du bureau.

 

J’aurais pu choisir de continuer à flâner dans les rues de la capitale jusqu’à l’heure du déjeuner car mon boss ne m’avait jamais importuné avec les horaires de la maison. Le seul horaire qu’il connaissait c’était celui du bouclage du soir avant la mise à l’impression. Seulement ce jour là j’étais attiré, comme aimanté par le courrier que je n’allais pas tarder à découvrir posé à l’angle supérieur gauche de mon bureau. Catherine, mon assistante ne manquait pas de toujours le déposer au même endroit. Ces gestes machinaux répétés maintes et mainte fois avaient finis par constituer un rituel immuable.

 

Je franchis la porte du journal et pénétrai dans le hall d’entrée. Je m’arrêtai un court instant pour saluer Edouard, le vigile, qui siégeait sur le rez-de-chaussée de l’immeuble. Rien ni personne n’aurait pu franchir la porte dans un sens ou dans l’autre sans échapper au regard d’Edouard. Je ne saurais vous dire qu’elle âge avait Edouard. Je l’avais toujours connu à cette place et il me semble que je l’avais toujours connu aussi vieux qu’aujourd’hui. Il semblait vivre en dehors du temps. Cela m’intriguait parfois. Il m’était déjà arrivé, le soir, seul, dans mon petit studio de la rue Ste Lucie, de penser que le surnaturel que je chassais tant et tant aux confins de la capitale se trouvait peut-être tout simplement toujours les jours sous mes yeux en la personne d’Edouard.

 

J’avais pris l’escalier pour me rendre à mon bureau au troisième. Je prenais toujours l’escalier et ceci depuis qu’un ascenseur m’ait joué un jour un tour incroyable. Mais ceci, ceci est une autre histoire que je vous conterai peut-être aussi un peu plus tard. 

 

 

J’avais trouvé mon courrier bien rangé… comme d’habitude. Je n’avais pas croisé Catherine en arrivant mais cela ne me surprenait guère. Elle me connaissait mieux que personne, mieux que moi-même peut-être et elle avait pris l’habitude de s’éclipser à mon arrivée sachant combien je n’aimais pas être dérangé avant d’avoir ouvert le courrier. Dans un mouvement que j’aurais presque pu cataloguer de perpétuel j’avais pris le paquet d’une main et de l’autre je faisais glisser une à une les lettres en faisant passer la première derrière les autres. Parfois mon sixième sens me poussait à en ranger une de coté pour la garder pour la fin. Cela m’arrivait une à deux fois par mois et avait souvent été le point de départ de rencontres bien insolites.

 

Mais ce matin j’étais déçu. Toutes les lettres avaient fait le tour du paquet sans qu’aucune d’entre-elles ne me paraisse digne d’intérêt, d’ailleurs, une fois ouvertes, elles furent toutes sans intérêt.

Je désespérais. L’insolite me fuyait depuis trop longtemps et l’inaction me pesait. Catherine fit soudain son apparition. Grande, brune, élancée, Catherine fait partie de ces femmes qui s’épanouissent à la quarantaine. Je ne dirais pas qu’elle est d’une beauté incomparable cependant elle possède cette classe qui donne à certaines femmes un charme infini. Je n’avais jamais osé lui dire combien je la trouvais rayonnante et resplendissante. Sans doute l’aimais-je trop pour oser le lui avouer.

 

Quand elle rentrait dans la pièce mon regard restait longtemps accroché aux traits fins et délicats de son visage. Ce n’est qu’en baissant légèrement les yeux que j’aperçu le paquet blanc, plus long que large, entouré d’un ruban rouge qu’elle portait dans ses bras. Je m’étais levé et avais fait le tour de mon bureau pour lui souhaiter le bonjour en déposant quatre lents baisers sur ses joues fraîches et légèrement rosées.

 


« Il ne fallait  pas ! C’est trop gentil » Lui lançai-je en l’embrassant et en la délestant de son précieux colis. « Que fête-t-on ? Ce n’est pas mon anniversaire ! »

 

Catherine  n’avait pas répondu à mon humour maladroit mais sa curiosité l’avait poussé à ne pas s’en aller.

 

« Des roses ! » Dis-je en ouvrant le colis.

« Des roses… rouges ! » Reprit Catherine comme si cela avait de l’importance.

« Qui peut bien m’envoyer des roses ? »

« C’est plutôt le cadeau d’un homme à… une femme ! » Me dit ma collaboratrice.

« Catherine ? »

« Non, désolée, ce n’est ni pour moi, ni de moi ! Peut-être il y a-t-il une carte ! » Rajouta-t-elle avec l’assurance de cette logique féminine aussi réelle qu’incompréhensible.

« Une carte ? Non ! Je ne vois pas ! Ah si ! Tiens ! Là ! » Lui répondis-je en plongeant ma main au fond du colis.

« Pour vous Marc, ces quelques fleurs afin de vous faire penser à bien prendre soin de mon précieux collier » Lisais-je incrédule. « Mais ? Mais ? Quand ce colis a-t-il donc été apporté ? »

« C’est Edouard qui me l’a donné quand je suis arrivée. Il m’a dit qu’un porteur l’avait déposé vers les 7h00 du matin. » Me répondit Catherine.

« 7h00 ??? Non ! Tu dois faire erreur ! Ce n’est pas possible ! »

 

« En tout cas, quand je suis arrivée à 7h30 il était déjà là ! » Rajouta-t-elle en quittant  la pièce comme si je l’avais vexée en mettant en doute sa parole.

 

Un sourire grandit au coin de mon visage. Comment un colis déposé à 7h00 à mon bureau pouvait-il contenir une carte parlant d’un collier que je n’allais découvrir que par hasard plus d’une heure plus tard. Il y avait là un mystère qui m’intéressait au plus haut point. Je mis ma main dans la poche et ressortis l’objet que j’observai en le tenant par la ficelle. Au second plan, je vis Catherine qui me regardait en souriant à travers la vitre de la porte de mon bureau. Malgré le sourire je discernai comme une pointe de jalousie dans ce regard. Décidément, ce collier commençait à me plaire…

 

La journée passant identique à beaucoup d’autres et emporté par le rythme du travail j’oubliai peu à peu le collier qui reposait dans ma poche. Je ne prêtais même presque plus attention au bouquet de roses que Catherine avait pris soin de disposer avec soin dans un vase translucide.

 

A la nuit tombée je rentrai chez moi le pas nonchalant. Ce n’est qu’une fois arrivé au pas de ma porte que je fis la connaissance de Rose. Elle m’attendait, adossée au mur de l’immeuble. Ne me demandez pas ni pourquoi ni comment car je ne saurais le dire moi-même, toujours est-il que je l’ai reconnue tout de suite. C’est même moi qui lui ai adressé la parole.

 

« Bonjour ! » Lui avais-je lancé

« Bonjour Marc ! Tu as bien reçu mon colis ? » Me répondit-elle comme si nous nous connaissions de longue date.

« Oui ! Je n’ai cessé de les regarder de la journée, mad…, Euh…, mademoiselle ? »

« Rose ! » Ajouta-t-elle.

« Rose… évidemment suis-je bête ! »

« Je suis fatiguée Marc, pourrions-nous poursuivre cette conversation chez toi ? » Me demanda-t-elle.

« Bien sûr ! » Répondis-je simplement.

 

Je l’invitai à me suivre dans l’immeuble. L’ascenseur était une fois de plus en panne. Ce qui ne me dérangeait guère vu ma phobie de ces derniers.

 

Bizarrement nous n’avions pas prononcé un mot de plus durant les quatre étages gravis via l’escalier. De temps en temps je me retournais pour m’assurer qu’elle était toujours là et à chaque fois elle me répondait par un sourire rempli de mélancolie.

 

 

Rose avait les cheveux aussi rouges que ses fleurs et des yeux d’un noir si profond que nul n’aurait pu lire à travers. Sa peau était d’une blancheur à faire peur, cependant ce teint lui allait plutôt bien.

Elle ne devait guère avoir plus de vingt ans et je dois dire que je la trouvais très jolie. Je ne pouvais m’empêcher de penser que du haut de mes quarante-trois je devais plutôt lui faire penser à son père. Que le temps est cruel de passer si vite.

 

« Le temps est parfois plus cruel que tu ne le crois Marc ! » Me dit Rose en franchissant la porte de mon T2.

 

J’avais du prononcer ma dernière pensée à voix haute. Cela m’arrivait parfois de soliloquer. La marque de la solitude sans aucun doute. Je sentis le besoin de lui répondre.

 

« Certaines personnes arrivent bien à vivre avec leur temps et supportent très bien les stigmates des années qui passent. Mais… »

« Mais ? » Reformula Rose.

« Mais moi je ne suis pas de ceux-là. Il y a des fois où j’aurais aimé être jeune pour toujours. »

« Je savais bien que tu étais l’homme de la situation Marc ! »

« L’homme de la situation ? Quelle situation ? » La questionnai-je.

« J’ai besoin de tes services Marc, de tes services de détective. J’ai besoin de tes croyances en l’imaginaire et en l’impossible. » Me dit-elle la voix soudainement prise d’une violente gravité.

 

 

Tout naturellement le journaliste reprit le dessus sur l’amoureux.

 

« Je vous écoute Rose, racontez-moi tout ! »

« Tout ! Hum… ! Je ne sais ! Etes-vous prêt à tout entendre ? Etes-vous seulement disposé à me croire ? »

« Croyez-moi Rose, il m’a déjà été donné de rencontrer l’étrange et l’inexpliqué tellement de fois que plus rien ne peut guère me surprendre. Combien même me diriez-vous que vous venez de Mars que je serais tout disposé à le croire ! »

« Pas de Mars Marc, de bien plus loin que ça encore ! Je viens d’une tout petite étoile qui s’appelle Alpha du Centaure ! »

Aie ! C’était bien ma veine ! Dans 99% des cas les histoires qui commençaient ainsi finissaient à l’hôpital psychiatrique le plus proche. Quel dommage, si jeune, si jolie, Rose continua à parler.

 

« Je sens bien que vous doutez déjà de la justesse de mes facultés mentales.  M’autorisez-vous à poursuivre mon histoire jusqu’au bout ? S’il vous plait ! Laissez-moi au moins terminer mon histoire ! » Rajouta-t-elle la larme à l’œil.

« Vous avez raison Rose. Je n’ai pas le droit de douter de vous sans vous avoir entendu. Allez-y ! Je vous écoute ! »

 

A ce moment-là je ne pouvais me douter de l’incroyable récit qu’il m’allait être donné d’entendre.

 

« Alpha du Centaure est un système de trois étoiles très proches : Alpha centauri A et Alpha centauri B en sont les deux étoiles principales et forment une étoile double. Proxima centauri est une naine rouge beaucoup moins lumineuse. Des trois, elle est la plus proche du soleil. À l'œil nu, ce système apparaît comme une seule étoile. L'étoile la plus brillante de la constellation du centaure et la troisième plus brillante de tout le ciel. L'association entre ces trois étoiles n'est pas entièrement accidentelle car Proxima et le couple principal se déplacent ensemble parallèlement.»

 

 

« Et vous venez de là ? »

« Oui, de Proxima ! »

« Mais il faut des années lumières pour parcourir la distance nous séparant et vous êtes si…jeune ! » Lui dis-je.

« Que m’importe Marc, je suis riche du temps »

« Riche du temps ? Qu’entends-tu par là exactement ! »

« Chez moi la richesse se calcule en mesure du temps ! Plus vous en avez, moins vous vieillissez ! La consommation des unités de temps vous permet de rester jeune et éternel ! »

« Jeune et éternel ! » Répétai-je avec intérêt.

« Oui ! A condition bien sûr de pouvoir disposer d’une grande réserve d’unités ou si tu préfères d’être riche… du temps ! »

« Comment fais-tu pour voyager ? Tu as un… engin ? »

« Pas vraiment, je n’en ai pas besoin. »

« Pas besoin ? » Répétai-je encore une fois comme si je n’étais ce soir qu’un bête perroquet.

« Non, disons que je n’emporte rien vraiment, »

« Rien ? »

« Non , je n’en ai pas besoin, je suis légère au vent ! »

 

 

J’avais de plus en plus de mal à suivre ces propos. Rose s’en était aperçu.

 

« Tu as du mal à suivre Marc, je comprends. Le mieux serait peut-être que je reprenne tout depuis le début, et ce début est une fin…

…Alpha du Centaure n’existe plus. Les trois étoiles se sont consumées en supernova il y a de cela plusieurs millénaires. Vous ne pouvez le savoir car une telle distance nous sépare que vous ne pouvez encore voir ce qui s’est déjà passé. Les savants centauris, c’est ainsi qu’on nous appelle, avaient prévus l’inévitable et ont cherché et finalement trouvé le moyen d’éviter la catastrophe. Je t’épargne les détails aussi techniques que complexes toujours est-il que ceux qui pouvaient consacrer suffisamment de temps à leur survie pouvait s’échapper via la queue d’une comète pour trouver refuge dans un autre endroit de l’univers. »

« Et tu as fait partie de ceux-là ! »

« Je te l’ai dit Marc, je suis riche du temps. J’ai usé une grande part de ma fortune dans cet échappatoire mais il me reste encore de quoi vivre pendant bien longtemps, enfin, j’espère. »

« Mais maintenant que tu es là tout va bien, tu es sauvée ! »

« Je le croyais Marc, je le croyais. Mais depuis dix jours un mal me ronge. Je vis une mutation que je ne peux enrayer. Les mages d’Alpha du Centaure avaient prévu cette possibilité liée à une modification du métabolisme interne engendrée par un déplacement trop rapide dans l’espace et le temps. »

« Une mutation ? » La repris-je.

« Cela a d’abords commencé par ma couleur de cheveux. Je suis tantôt brune et tantôt rouge. Je ne peux contrôler ma couleur.

« Ce changement influe-t-il sur ton comportement ? »

«  La nuit, oui ! Mais ce n’est pas tout ! Ce n’est pas le seul changement… physique. »

« Oui… ! »

« Il… »

Rose s’était arrêtée de parler comme si la suite semblait inavouable ou inacceptable.

 

« Je t’ai promis de t’écouter Rose, je t’ai promis de faire l’effort de te croire. » Dis-je pour la rassurer.

« Des ailes me poussent dans le dos ! Elles apparaissent le matin ou le soir, sans règle réelle, puis disparaissent comme elles sont venus. »

« Des ailes ! » Dis-je bêtement avec toujours ce maudit perroquet qui sommeille en moi.

« Oui, des ailes, parfois blanches et parfois noires. »

« Et là encore je suppose que suivant leur couleur tu n’es pas la même. »

 

 

 

Tout en parlant, je m’étais levé. J’avais allumé la lumière et tiré les doubles rideaux. La nuit nous avait rejoint en tissant son voile imperméable, lentement sans faire de bruit, sans prévenir. Elle nous enveloppait de son manteau inodore et incolore. Rose devait vraiment être riche du temps pour que ce dernier passe si vite à ses cotés.

 

« Puis-je dormir ici cette nuit ! » Me demanda-t-elle en me mettant dans l’embarras.

« Euh… ! Je… ! »

« S’il te plaît Marc ! Garde-moi ! Protège-moi ! Ils sont après moi ! »

« Ils ? Qui ça ils ? »

« Les autres centauris, ils me pourchassent. Ils veulent me détruire. »

« Mais… ? Pourquoi ? »

« Parce que je change. Ils ne veulent pas que je change. S’il te plait Marc, garde-moi auprès de toi ! Juste une nuit ! Juste ce soir ! »

 

Rose roula des yeux  et je n’avais jamais su résister à ce regards là. Le savait-elle ? Je ne pense pas. Toujours est-il qu’elle dormit chez moi cette nuit là.

 

Fin de la 1ère partie  le 27/02/2008

 

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